Pour zoomer cliquez sur l'image
 
Pour zoomer cliquez sur l'image
 
PROVOST Jan
Saint Jean-Baptiste et un chanoine (recto) ; Gisant (verso)

Pays-Bas méridionaux
15e siècle (fin) 16e siècle (début)

Huile sur bois
Hauteur en m. 0,565 Largeur en m. 0,435
Peinture

Ancienne appartenance : Provient de l’ancienne église Notre Dame, à Valenciennes (détruite).

Jan Provost naît à Mons, dans l’actuel Hainaut belge, mais c’est à Valenciennes qu’il épouse la veuve de Simon Marmion qui fut également son maître. En 1493, on le trouve à Anvers où il est reçu franc-maître de la Guilde de Saint-Luc ; l’année suivante, il s’installe à Bruges où il effectuera sa carrière et jouera un rôle important, notamment au sein de la guilde des peintres de cette ville. Dans ses premières oeuvres, Provost demeure marqué par Rogier van der Weyden dont l’art est encore très présent à Bruges par l’intermédiaire de Memling. Il conserve jusque dans ses oeuvres tardives l’habitude de représenter les mains avec des doigts fins et allongés, les visages avec des joues larges et des lèvres inférieures saillantes. Avec Quentin Metsys, Jan Provost demeure l’un des premiers peintres flamands marqué par la Renaissance. Ce panneau, peint sur les deux faces, a été retrouvé par hasard vers 1845 dans l’ancienne église Notre-Dame à Valenciennes, dans un confessionnal. On reconnaît d’un côté saint Jean-Baptiste tenant sous sa protection un chanoine non identifié mais tenant une palme, ce qui le désigne comme ayant effectué le pèlerinage en Terre Sainte. Sur le revers, le cadavre du chanoine est représenté dans un linceul et couché sur une natte. Le phylactère largement déployé dans l’espace et représenté à la manière d’un trompe-l’oeil, évoque l’aspiration au repos (Da requiem cunctis Deus hic et ubique sepultis, Ut Sint in requie propter tu vulnera quinque). Attribué à l’école d’Amiens, à l’école flamande, à l’école allemande (Dürer), à Bellegambe ou encore à Marmion, ce panneau fut donné à Jean Provost par Edouard Michel en 1928 qui le publia comme tel, en le rapprochant stylistiquement de plusieurs oeuvres du maître. Les recherches spatiales dont ces deux compositions font preuve et en particulier la figure de saint Jean dont le corps s’inscrit puissamment dans l’espace peuvent être interprétées comme une influence tangible de l’art italien sur le style de l’artiste. Patrick Ramade

Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Numéro d'inventaire : P 46.1.139