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BRUEGHEL Pieter dit BRUEGEL l'Ancien (d'après)
L'excision de la Pierre de Folie
Opération de la pierre de tête
Copie ancienne d'une oeuvre originale disparue.

Flandre
16e siècle (2e moitié)
vers 1557

Huile sur bois
Hauteur en cm 77 largeur en cm 107
Peinture

Ce panneau a été acquis par le musée en 1881, et il est généralement considéré comme une copie ancienne d'un original disparu de Pieter Bruegel l'Ancien. Le sujet est inspiré par une oeuvre de Hiéronymus Bosch (vers 1494, Prado), qui est ici amplifié. La peinture était connue par une gravure anonyme marquée Bruegel inventor 1557, sous le titre Den denken van Ronse in Vlanderen (« le doyen de Renaix en Flandre »). Max J. Friedländer a publié autrefois des photographies de mauvaise qualité de l'oeuvre qu'il considérait originale, et qui figura dans la collection Gerhart de Budapest avant de passer dans la collection Palugyan. Pieter Bruegel l'Ancien naquit à Bruegel (ou Brogel) vers 1528, et il se forma dans l'atelier du peintre italianisant Pieter Coecke Van Aelst. Devenu franc maître dans la gilde d'Anvers en 1551, Bruegel commença sa carrière pour le compte du graveur et marchand d'estampes Hieronymus Cock. Ce dernier l'engagea à se rendre en Italie, d'où il ramènerait une série de dessins de paysages italiens et alpestres, afin de les reproduire par la gravure. Bruegel accomplit ce voyage, passant par la France en 1552. Il se trouvait à Rome en 1553, année de son retour à Anvers. C'est de cette même année qu'est daté son premier tableau connu. L'importance de ces paysages alpestres fut considérable pour la suite de sa carrière, et pour les paysagistes flamands, dont Josse de Momper. L'Excision de la pierre de folie appartiendrait donc à la première partie de sa carrière. Le tableau met en scène une échoppe spécialisée dans le traitement de la folie. On pensait autrefois que la folie était dûe à la présence d'une pierre dans la tête, que le rôle du chirurgien consistait à enlever. Cette pratique charlatanesque est ici décrite avec humour et causticité, n'était la gravité des situations présentées. Au centre de la composition, le chirurgien principal, d'un imperturbable sérieux, tout de noir vêtu, enlève la pierre du crâne d'un malade à l'aide de tenailles. A ses pieds sont éparpillés d'autres instruments, pinces, lancettes, crochets de fer... Le patient se débat et plante ses doigts dans l'oeil d'un assistant qui s'efforce de le maîtriser. Près d'eux, un petit personnage au regard morne, coiffé d'un gobelet, et vautré dans une corbeille d'osier, active les braises d'un feu à l'aide d'un soufflet. A gauche, un autre patient sanglé à sa chaise qu'il a retournée, se retrouve chevauché par un chirurgien qui lui enfonce dans le crâne la lame de son couteau. A l'arrière-plan, vers la gauche, un militaire, la tête bandée, a le pied posé sur son casque, cependant qu'une religieuse s'active à panser la cicatrice d'un autre malade, allongé de tout son long sur sa chaise, et sanglé lui aussi. A droite, un malade amené par un homme vêtu de rouge et qui veut l'ausculter, porte la main au poignard qu'il porte à sa ceinture et commence à dégainer. A l'arrière, ce sont d'autres malades qui s'agglutinent à la porte, le front marqué d'une bosse. Ils ont tous l'air hagard et le regard fuyant. Le tableau fourmille de détails truculents, voire graveleux. On peut apercevoir quantité de pinces, de molettes dentées, et autres instruments de torture. Un curieux petit personnage à l'arrière, nu et accroupi, est même en train de déféquer... C'est un vent de folie qui passe dans cette oeuvre, et qui dénonce ces traitements barbares et d'un autre temps. Certains historiens qui ont analysé le tableau, comme Van Lennep, y voient des références alchimiques (la pierre de folie pourrait être une allusion à la pierre philosophale, symbolisée en alchimie par un fou). Récemment, dans le catalogue publié sur Hiéronymus Bosch dans lequel le tableau était reproduit, il était attribué, de manière un peu vague, à un "suiveur de Bosch".

Crédits photographiques : © Saint-Omer, musée de l'hôtel Sandelin, YB/M3C, © P. Beurtheret

Saint-Omer, Musée de l'Hôtel Sandelin
Numéro d'inventaire : 0147 CM

Date d'acquisition : 1881